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Architecture durable

Qu'est-ce que l'architecture durable

 

maison bois

L'architecture durable n'est pas une esthétique ni un label. C'est une manière de concevoir où l'on compte ce qui n'était pas compté : l'énergie contenue dans les matériaux, l'eau consommée, le confort d'été sans machine, et ce que devient le bâtiment à sa démolition. Un bâtiment très isolé mais construit en matériaux à forte empreinte peut avoir un bilan pire, sur 50 ans, qu'un bâtiment moins performant construit sobrement.

Priorité de la conception sur les équipements

Ce qui décide de la performance d'un bâtiment est fixé dans les premières semaines du projet, et ne coûte presque rien : l'orientation, la compacité, la répartition des ouvertures, l'emplacement des pièces selon leur usage. Une façade principale au sud avec des débords calculés capte le soleil bas d'hiver et arrête le soleil haut d'été. Un bâtiment compact perd moins qu'un bâtiment étalé à surface égale.

Le confort d'été se joue sur trois leviers, dans cet ordre : la protection solaire extérieure, l'inertie des parois, la ventilation nocturne traversante. Aucun climatiseur ne rattrape une conception qui les ignore.

Matériaux et leur énergie grise

L'énergie grise est celle qu'il a fallu pour extraire, fabriquer, transporter et mettre en œuvre un matériau. Elle se compte en kilowattheures par mètre cube, et les écarts sont considérables : de quelques dizaines pour la paille ou la terre crue à plusieurs milliers pour l'aluminium.

Le bois massif issu de forêts gérées stocke du carbone pendant toute la vie du bâtiment et se travaille sec, sans eau de gâchage. Le béton de chanvre, mélange de chènevotte et de chaux, isole tout en restant perméable à la vapeur, ce qui limite les problèmes de condensation dans les parois. La terre crue, en pisé ou en briques comprimées, apporte une inertie très élevée pour une énergie grise proche de zéro, à condition d'être disponible sur place. La paille en bottes, sous enduit, atteint des résistances thermiques élevées pour un coût matière faible.

Aucun n'est universel. La terre demande une protection contre les remontées d'eau et une main-d'œuvre formée ; la paille impose une rigueur d'exécution sur l'étanchéité à l'air ; le chanvre coûte plus cher qu'une laine minérale à performance égale.

Eau sol et biodiversité

La gestion de l'eau à la parcelle remplace peu à peu le raccordement systématique au réseau : noues, chaussées drainantes, toitures végétalisées, récupération pour les usages qui ne demandent pas d'eau potable. L'artificialisation du sol est devenue un critère à part entière : construire sur une friche plutôt que sur une terre agricole change davantage le bilan d'un projet que le choix d'un isolant.

Maquette numérique et ses limites

bimLe travail sur maquette numérique permet de simuler les apports solaires, les ponts thermiques et le comportement d'été avant de construire, et de conserver le détail des matériaux pour la déconstruction future. C'est un outil de coordination remarquable, et une source d'illusions : une simulation reste tributaire des hypothèses d'occupation qu'on lui donne, et l'écart entre consommation calculée et consommation réelle atteint couramment un facteur deux.

Réhabiliter plutôt que bâtir

Le geste le plus efficace reste celui qu'on évoque le moins : ne pas construire. Réhabiliter un bâtiment existant conserve son énergie grise, n'artificialise rien, et porte sur le parc qui consomme réellement, les logements d'avant 1975 représentent l'essentiel des besoins de chauffage en France. C'est aussi le chantier le plus difficile techniquement, et le moins spectaculaire.

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